Ce n’est pas la psychologie elle-même qui est en cause ici, mais l’approche qu’ont suivie certains psychologues bien connus du 20ième siècle et encore plus l’utilisation qui a été faite de leurs théories. Je suis convaincu qu’une approche philosophique de l’homme, développée à partir d’hypothèses fondamentales et prises comme évidentes par elles-mêmes (que je développerai bientôt) comme Descartes l'avait fait en son temps, mène à des enseignements plus utiles et plus profonds.
Faire l’hypothèse (comme le fait Freud, comme le fait Skinner, comme le fait Maslow, comme le font les adeptes de la notion de ‘trait de personnalité’) que le comportement peut s’expliquer par
des forces internes (Freud et les adeptes de la motivation ou des traits de la personnalité) ou externes (Skinner), c’est nier à l’homme sa capacité de choix et par là même lui ôter sa
responsabilité et donc en fin de compte sa liberté et sa dignité. Ceci me semble incompatible avec l’objectif même de départ de la psychologie qui était de mieux comprendre l’homme pour le faire
grandir. De plus, et comme il me semble les textes de mon blog l’ont montré et comme je continuerai à le faire, les théories de Freud, Skinner et autres mènent à des bourbiers logiques
insurmontables qui ne font que confirmer la non validité de leurs hypothèses.
L’apprenti philosophe que j’essaye d’être se refuse obstinément et passionnément à enfermer l’homme dans un cadre déterministe ; pour l’existentialiste que je suis, l’homme est un être doué de
liberté de choix et d’intentionnalité et ces deux notions sont au cœur du concept même d’être humain – c'est-à-dire que celui-ci n’est pas concevable sans elles. En ce sens, se contrôler
soi-même passe nécessairement par l’acceptation des conséquences de ses actions – sinon ceci veut dire que je suis qu’un pantin de forces internes ou externes que je ne contrôle pas et si je fais
quelque chose de ‘mal’, ce n’est pas moi qu’il faut tenir pour responsable mais ces forces internes ou externes. Je suis alors ‘malade’ et il faut me ‘réparer’ par l’intermédiaire sans doute de
programmes de rééducation ou par la prise de ‘médicaments’… Cette médicalisation de la vie humaine est d'une logique effrayante et monstrueuse et mènera à des abus terrifiants dont on peut
malheureusement déjà voir quelques prémisses, notamment dans la consommation toujours galopante de substances psychotropes. Je crois aussi, mais ceci est le point de départ de toute la
philosophie et de la science occidentales, que si quelque chose n’est pas possible logiquement, elle n’est possible d’aucune autre façon, elle n’est pas possible du tout, elle n'est pas possible
tout court.
Je note cependant que des théories non scientifiques, c'est-à-dire qui mènent à des contradictions logiques insurmontables invalidant définitivement leurs hypothèses de départ, peuvent tout de
même avoir une certaine valeur dans le sens où elles peuvent être utiles, car tel est l'esprit humain, prêt
à croire à tout et en tout. Ainsi la psychanalyse
permet à certains de mieux se comprendre, tant mieux pour eux – mais il est fort probable qu’une séance au confessionnel, à condition d’être croyant, aurait eu le même résultat ; ainsi les tests
dits de personnalité peuvent aider à cerner son propre comportement – mais ils ne sont, par construction même, qu’une sorte de miroir grossièrement simplificateur et ne renvoient en sortie sous
une forme réduite et souvent non cohérente que ce que le testé aura fourni lui-même en entrée. Connaître ces théories et surtout comprendre leurs faiblesses peut à mon sens avoir les même effets
bénéfiques. C’était le sens de la conclusion du texte ‘perspectives psychologiques’.
J’aurais l’occasion de revenir sur tout ceci dans des blogs futurs qui je l’espère seront un jour réunis dans un livre.
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