Dimanche 4 novembre 2007
La psychologie, ou étude de la nature de l’homme, est sans doute la plus belle et la plus noble des ambitions et, comme probablement la plupart de ceux qui liront ces lignes, je trouve la quête qui la soutient absolument passionnante. Cette quête est ancienne, puisque si Platon puis Aristote ont sans doute été les premiers à formaliser leur pensée sur ce sujet, elle était partagée des philosophes présocratiques qui se sont beaucoup interrogés sur les ressorts et le fonctionnement de l’esprit humain ; tous les philosophes occidentaux qui les ont suivis ont partagé, si ce n’est leurs conclusions, au moins leurs interrogations. Il me semble donc incorrect de dire que la psychologie est une discipline nouvelle ; plus exact serait de dire que c’est une ambition ancienne à qui l’on voulu récemment donner une posture scientifique. Plus exactement, on a voulu en faire une extension des sciences physiques en postulant que l’homme pouvait s’étudier suivant une approche déterministe, c'est-à-dire que l’on pourrait à terme faire de la personne humaine, à condition d’en comprendre au préalable le fonctionnement, l’équivalent d’une boule de billard au sujet de laquelle ont pourrait faire des prédictions de trajectoire. Cette tentative revêt pour moi toutes les apparences d’un échec – au moins jusqu’à présent. En réalité, et c’est ce que j’essaye de montrer au travers des articles de mon blog, l’approche scientifique récente de la psychologie à le mérite de révéler les raisons de cet échec.

 

Ce n’est pas la psychologie elle-même qui est en cause ici, mais l’approche qu’ont suivie certains psychologues bien connus du 20ième siècle et encore plus l’utilisation qui a été faite de leurs théories. Je suis convaincu qu’une approche philosophique de l’homme, développée à partir d’hypothèses fondamentales et prises comme évidentes par elles-mêmes (que je développerai bientôt) comme Descartes l'avait fait en son temps, mène à des enseignements plus utiles et plus profonds.


Faire l’hypothèse (comme le fait Freud, comme le fait Skinner, comme le fait Maslow, comme le font les adeptes de la notion de ‘trait de personnalité’) que le comportement peut s’expliquer par des forces internes (Freud et les adeptes de la motivation ou des traits de la personnalité) ou externes (Skinner), c’est nier à l’homme sa capacité de choix et par là même lui ôter sa responsabilité et donc en fin de compte sa liberté et sa dignité. Ceci me semble incompatible avec l’objectif même de départ de la psychologie qui était de mieux comprendre l’homme pour le faire grandir. De plus, et comme il me semble les textes de mon blog l’ont montré et comme je continuerai à le faire, les théories de Freud, Skinner et autres mènent à des bourbiers logiques insurmontables qui ne font que confirmer la non validité de leurs hypothèses.


L’apprenti philosophe que j’essaye d’être se refuse obstinément et passionnément à enfermer l’homme dans un cadre déterministe ; pour l’existentialiste que je suis, l’homme est un être doué de liberté de choix et d’intentionnalité et ces deux notions sont au cœur du concept même d’être humain – c'est-à-dire que celui-ci n’est pas concevable sans elles. En ce sens, se contrôler soi-même passe nécessairement par l’acceptation des conséquences de ses actions – sinon ceci veut dire que je suis qu’un pantin de forces internes ou externes que je ne contrôle pas et si je fais quelque chose de ‘mal’, ce n’est pas moi qu’il faut tenir pour responsable mais ces forces internes ou externes. Je suis alors ‘malade’ et il faut me ‘réparer’ par l’intermédiaire sans doute de programmes de rééducation ou par la prise de ‘médicaments’… Cette médicalisation de la vie humaine est d'une logique effrayante et monstrueuse et mènera à des abus terrifiants dont on peut malheureusement déjà voir quelques prémisses, notamment dans la consommation toujours galopante de substances psychotropes. Je crois aussi, mais ceci est le point de départ de toute la philosophie et de la science occidentales, que si quelque chose n’est pas possible logiquement, elle n’est possible d’aucune autre façon, elle n’est pas possible du tout, elle n'est pas possible tout court.


Je note cependant que des théories non scientifiques, c'est-à-dire qui mènent à des contradictions logiques insurmontables invalidant définitivement leurs hypothèses de départ, peuvent tout de même avoir une certaine valeur dans le sens où elles peuvent être utiles, car tel est l'esprit humain, pr
êt à croire à tout et en tout. Ainsi la psychanalyse permet à certains de mieux se comprendre, tant mieux pour eux – mais il est fort probable qu’une séance au confessionnel, à condition d’être croyant, aurait eu le même résultat ; ainsi les tests dits de personnalité peuvent aider à cerner son propre comportement – mais ils ne sont, par construction même, qu’une sorte de miroir grossièrement simplificateur et ne renvoient en sortie sous une forme réduite et souvent non cohérente que ce que le testé aura fourni lui-même en entrée. Connaître ces théories et surtout comprendre leurs faiblesses peut à mon sens avoir les même effets bénéfiques. C’était le sens de la conclusion du texte ‘perspectives psychologiques’.


J’aurais l’occasion de revenir sur tout ceci dans des blogs futurs qui je l’espère seront un jour réunis dans un livre.

Par jean etienne joullié - Publié dans : Textes en français - Communauté : Management 2.0
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>
 
mettre des photos en ligne sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus